Arthur Hayes lève 250 M$ pour un fonds d’achats d’entreprises crypto

Arthur Hayes enclenche une nouvelle phase d’investissement. Son family office Maelstrom veut lever 250 millions de dollars pour un fonds de private equity qui cible des sociétés crypto rentables, plutôt « off-chain » que tokenisées. L’objectif : acheter et consolider des acteurs d’infrastructure et d’analytics.
250 M$ visés, ticket par deal et calendrier
Maelstrom prépare un véhicule orienté buyout sur le mid-market. Le plan prévoit 4 à 6 acquisitions, avec un ticket de 40 à 75 M$ par opération. Le fonds viserait une immatriculation aux États-Unis. Une première clôture est anticipée d’ici mars 2026, puis un final close autour de septembre 2026, sous réserve de marché.
L’équipe insiste sur un point, la stratégie privilégie l’equity non-token plutôt que l’exposition à des jetons volatils. En clair, du cash-flow avant tout. Cette approche répond à une demande d’investisseurs institutionnels qui veulent un accès au secteur sans dépendre d’actifs spéculatifs.
Le cofondateur et managing partner Akshat Vaidya détaille le profil des cibles dans un entretien avec Bloomberg. Des fournisseurs de services à la chaîne de valeur, par exemple la connectivité de marché, la donnée, l’analyse, la conformité ou la surveillance. Autant de briques où l’on monétise des abonnements, des flux et des outils, avec une visibilité sur le chiffre d’affaires. L’idée : acheter des entreprises déjà rentables, standardiser les opérations et accélérer la croissance organique.
Pourquoi ce fonds maintenant
D’abord, la fenêtre de valorisation reste ouverte. Après les secousses de 2022–2023 puis les à-coups de 2025, beaucoup de sociétés mid-market affichent des multiples redevenus raisonnables.
Les revenus récurrents existent, mais la taille critique manque encore. Un fonds de buyout peut industrialiser les fonctions communes, mutualiser la tech, la vente et la compliance, puis améliorer les marges.
Ensuite, les usages crypto se déplacent vers des besoins plus utilitaires. Les bourses, les teneurs de marché et les institutionnels achètent des services d’exécution, de risk et de reporting. Ce sont des lignes de budget défensives, moins sensibles au cycle que le trading spéculatif.
Enfin, l’accès au capital s’est normalisé, mais il reste sélectif. Des équipes capables de faire du M&A disciplinaire peuvent créer de la valeur sans dépendre d’un bull market perpétuel.
Maelstrom dit éviter les structures où un token qui dort gonfle artificiellement la valorisation. Le fonds veut des bilans lisibles, des contrats clients, des cohortes et des unit economics vérifiables.
Ce que doivent guetter fondateurs et investisseurs
Trois points comptent pour les fondateurs. D’abord, la gouvernance post-acquisition. Un opérateur de buyout cherche des relais de management, un plan d’incitations et une trajectoire produit claire. Ensuite, la pile réglementaire. Un asset « régulé-friendly » valorise mieux et se finance plus vite. Enfin, la place des co-investisseurs. Maelstrom évoque des SPV deal-by-deal, ce qui ouvre la porte à des tickets complémentaires pour des partenaires sectoriels.
Côté investisseurs, les jalons seront visibles. Noms des LPs, première clôture, premières LOI, puis exécution opérationnelle sur les 12 à 18 mois suivant le first close. Tant que ces étapes s’enchaînent, la crédibilité du fonds monte.
Impact potentiel pour l’écosystème
Si la levée atteint sa cible, le marché peut entrer dans une phase de consolidation plus lisible. Les plateformes de trading infra et d’analytics les plus solides gagneront en moyens. Les acteurs sous-dimensionnés trouveront une sortie honorable ou intégreront des ensembles plus larges.
Sur l’emploi, l’effet est mixte. Les fonctions doublonnées se rationalisent, mais la capacité d’investissement produit augmente. À l’échelle de l’écosystème, l’arrivée d’un fonds de buyout dédié envoie un signal, la rentabilité et la qualité d’exécution redeviennent des critères premiers. Et ce, même quand le marché hésite.
Dans les prochains mois, tout se jouera sur l’exécution. Annonces de cibles, discipline d’achat, intégration post-deal, puis métriques opérationnelles. Si les premières acquisitions tiennent leurs promesses, l’appétit des LPs suivra. À l’inverse, des dossiers trop chers ou trop complexes gripperaient la mécanique.
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