Ripple obtient l’accord MiCA : XRP chute malgré le feu vert

Ripple a obtenu une approbation préliminaire en tant que prestataire de services sur crypto-actifs (CASP) auprès de la CSSF au Luxembourg, dans le cadre du règlement européen MiCA. Pourtant, le XRP a chuté de 3 % suite à cette annonce. Le jeton s’échange actuellement à 1,10 $, affichant une baisse de 5 % sur 24 heures, alors que le marché crypto global ne montre aucun signe de reprise.
Ce jalon réglementaire est bien réel, mais il n’a malheureusement pas servi de catalyseur pour le XRP. Ripple a articulé cette approbation entièrement autour du stablecoin RLUSD et de l’infrastructure Ripple Payments. Dans le communiqué officiel, le XRP n’est mentionné que comme un élément qui « soutient » ces solutions, reléguant le jeton natif du réseau au rang de simple note de bas de page.
Le feu vert CASP permet d’offrir des services réglementés sur crypto-actifs dans les 30 pays de l’Espace économique européen (EEE). Toutefois, il ne crée pas de mécanisme de demande directe pour le XRP.
La victoire MiCA de Ripple : de la plomberie plus qu’un moteur pour le XRP
L’autorisation de la CSSF est une « Green Light Letter », une approbation préliminaire soumise à des conditions finales avant l’obtention de la conformité MiCA complète. Ripple a précisé qu’une fois l’approbation finale acquise, la licence CASP, couplée à sa licence d’établissement de monnaie électronique (EMI) déjà détenue au Luxembourg, lui permettrait d’être pleinement conforme à MiCA.
En réalité, cette approbation couvre l’infrastructure de distribution de Ripple Payments et du RLUSD. L’argument commercial est de permettre aux banques, fintechs et entreprises européennes de gérer la collecte, l’échange et les paiements via une intégration unique sur l’ensemble de l’EEE.
Une nuance supplémentaire subsiste. Si une licence CASP autorise les services sur crypto-actifs, elle est structurellement distincte de l’autorisation spécifique requise pour émettre un stablecoin en tant que jeton de monnaie électronique sous MiCA. Ripple vante son infrastructure de paiement par stablecoins sans clarifier le statut du RLUSD face au régime des jetons non-euro, qui limite l’usage des stablecoins indexés sur le dollar comme moyen d’échange dans l’UE.
À l’inverse, l’USDT de Tether a été pratiquement évincé d’Europe avant l’entrée en vigueur de MiCA. Circle, de son côté, a mis l’USDC et l’EURC en conformité via son agrément EMI. Le positionnement exact du RLUSD sur cet échiquier est précisément ce que les institutions voudront clarifier avant de s’engager dans une intégration.
Ripple arrive également tardivement par rapport à ses concurrents. MiCA est devenu pleinement applicable aux prestataires de services sur crypto-actifs en décembre 2024. Circle a obtenu son approbation en avril 2025, B2C2 en mai 2025, tandis qu’OKX, Coinbase et Kraken ont reçu le feu vert tout au long de l’année 2025.
L’argument différenciateur de Ripple repose sur son offre combinée EMI et CASP, proposant « un rail réglementé unique pour tout le flux de paiement ». Cette offre s’appuie sur plus de 100 milliards de dollars de volume via Ripple Payments à travers 60 marchés et plus de 75 licences mondiales. Si ce discours séduit les entreprises, il ne génère ni revenus ni demande directe pour le XRP.
Ce schéma n’est pas nouveau. La semaine dernière, la communauté XRP a critiqué l’agenda de Ripple pour Swell 2026, accusant l’entreprise de prioriser le développement du RLUSD alors que le jeton sous-performe. Le parcours réglementaire du RLUSD s’étend d’ailleurs au-delà de l’Europe, avec une échéance de dépôt auprès de la DFAL en Californie qui s’ajoute aux obstacles réglementaires.
En définitive, chaque annonce majeure de Ripple durant ce cycle semble confirmer la même thèse : l’entreprise bâtit une infrastructure de paiement conforme où le RLUSD est le produit central, tandis que le XRP reste une infrastructure de second plan. Le marché n’a pas encore intégré le feu vert MiCA, car structurellement, il n’apporte rien de concret pour valoriser le XRP.