CLARITY Act : Galaxy Digital réduit les chances de vote en 2026


Alex Thorn, responsable de la recherche chez Galaxy Digital,
a abaissé le 26 juin les probabilités de passage du CLARITY Act en 2026 de 60 % à 50 %. Il cite un calendrier sénatorial de plus en plus restreint et une concurrence intense pour le temps de parole en séance, plutôt que des différends politiques non résolus.
Cette révision à la baisse marque la deuxième coupe directionnelle en quelques semaines, ramenant les chances aux niveaux observés en avril, après une brève montée à 75 % suite au marquage du comité bancaire du Sénat en mai.
Le contexte est crucial pour quiconque suit la régulation crypto et la législation sur la structure du marché à l’approche du second semestre 2026. Un projet de loi adopté par la Chambre des représentants par 294 voix contre 134 le 17 juillet 2025, avec le soutien de 78 démocrates, stagne désormais non pas sur le fond, mais sur des questions de calendrier, et la fenêtre de tir se referme rapidement.
La note de Thorn expose le problème clairement : le raccourcissement du calendrier et la compétition croissante pour le temps de séance sont les principaux moteurs de ce ralentissement. Bien qu’un vote en juillet reste possible, le chemin vers l’obtention de 60 voix au Sénat devient de plus en plus incertain.
CLARITY Act : Le Sénat ajourné jusqu’au 13 juillet, à quelques semaines des vacances d’août
La contrainte structurelle est simple. Le Sénat américain a ajourné ses travaux jusqu’au 13 juillet, et les vacances d’août créent une butée stricte qui réduit le temps de séance effectif à environ deux ou trois semaines. Le leader de la majorité au Sénat, John Thune, a obtenu le consentement unanime pour l’ajournement sans objection, ce qui signifie que la chambre a déjà consommé du temps précieux dont le CLARITY Act avait besoin.
Les commissions de la Banque et de l’Agriculture n’ont pas encore publié de texte de loi fusionné, une condition préalable à tout vote en séance. Tant qu’un projet unifié du Sénat n’est pas publié, Thune ne peut pas programmer l’examen en séance, et sans un engagement de calendrier début juillet, le projet de loi glissera vers septembre.
Il ne s’agit pas d’une échéance flexible ; le mois de septembre place la législation crypto 2026 directement en période d’élections de mi-mandat, moment où la coopération bipartisane sur des projets de loi complexes sur la structure du marché s’effondre historiquement.
Le Sénat requiert 60 voix pour l’adoption du CLARITY Act, un seuil qui exige une adhésion démocrate significative. Des priorités concurrentes, telles que la législation FISA, la loi d’autorisation de la défense nationale (NDAA), le projet de loi sur le logement de Trump lié au SAVE Act, ainsi qu’un arriéré de nominations, sont toutes positionnées devant la structure du marché crypto dans la file d’attente.
Le cadre de scénarios de Galaxy est précis. Si un texte sénatorial unifié est publié autour du 4 juillet, comme l’a indiqué la sénatrice Cynthia Lummis, et que Thune s’engage à un vote avant les vacances, Thorn estime que les probabilités pourraient remonter au-dessus de 60 %. Les fondements politiques sont en grande partie en place : le projet définit les frontières juridictionnelles entre la SEC et la CFTC, introduit un test de blockchain mature pour la classification des titres et étend pour la première fois les obligations fédérales en matière de lutte contre le blanchiment d’argent (AML) aux intermédiaires de matières premières numériques.
Si ni un texte fusionné ni un engagement de calendrier ne se matérialisent avant la mi-juillet, le cadre de Galaxy prévoit une nouvelle dégradation. Les dispositions éthiques, notamment les règles sur les conflits d’intérêts concernant les avoirs crypto des responsables gouvernementaux, restent non résolues après l’échec d’un amendement Van Hollen (11-13) en commission. Les sénateurs Ruben Gallego et Cory Booker ont tous deux fait de ces règles éthiques exécutoires une condition à leur soutien. Ce point n’est pas réglé ; il est différé.
Les calendriers réglementaires parallèles en 2026 ont systématiquement montré que les marchés de prédiction réajustent leurs prix plus rapidement que les analystes institutionnels lorsque l’élan législatif s’essouffle.
Les parieurs sur Polymarket évaluent actuellement le passage du CLARITY Act à 41 %, soit neuf points de moins que l’estimation de 50 % de Galaxy, après une chute depuis les 82 % de février à mesure que le calendrier du Sénat se détériorait. Cet écart n’invalide pas l’estimation de Thorn, mais il reflète à quel point le sentiment public informé s’est retourné contre l’échéance de juillet.
La divergence mérite d’être notée. Galaxy mise sur la possibilité que l’objectif de texte de Lummis pour le 4 juillet soit tenu et que la direction agisse ; Polymarket mise sur le taux de base de l’inaction du Sénat sur les législations complexes dans un calendrier compressé.
L’échec du CLARITY Act au Sénat cette année ne serait pas un simple revers procédural. La sénatrice Lummis a averti qu’un échec en 2026 risquerait de repousser la législation sur la structure du marché à 2030 ou au-delà, compte tenu de la probabilité d’un changement de composition de la chambre après novembre.
Pour les participants institutionnels qui attendent la répartition juridictionnelle SEC/CFTC codifiée par le projet de loi, chaque semaine de retard prolonge l’incertitude de conformité dans tout le secteur des intermédiaires d’actifs numériques. Le prochain signal fort à surveiller : la publication du texte fusionné du Sénat. Sa présence ou son absence dans les deux premières semaines de juillet déterminera si les 50 % de Galaxy tiennent ou seront à nouveau réduits.