CLARITY Act : Brian Armstrong prévoit un vote historique


Le PDG de Coinbase, Brian Armstrong, a déclaré qu’il s’attendait à ce que le Digital Asset Market CLARITY Act franchisse l’étape du vote de clôture au Sénat avec plus de 60 voix à la mi-septembre.
Cependant, la plateforme Kalshi évalue la probabilité que le projet de loi obtienne plus de 60 voix à seulement 22 %, mettant en lumière le fossé entre l’optimisme d’Armstrong et les prix du marché de prédiction.
La plupart des experts considéraient jusqu’ici que le CLARITY Act faisait face à un parcours semé d’embûches, le Sénat n’ayant pas voté sur cette législation crypto avant la suspension des travaux en août.
Sous la pression du président Donald Trump, un vote de clôture a été fixé au 15 septembre, soit le lendemain du retour des sénateurs de leurs vacances.
La procédure de clôture ne signifie pas l’adoption formelle du projet de loi. Elle permet de mettre fin aux débats et à toute tentative d’obstruction parlementaire (filibuster), ouvrant ainsi la voie à un vote officiel.
La clôture nécessite 60 voix, soit le même nombre requis pour adopter définitivement le CLARITY Act, ce qui fait du vote du 15 septembre un indicateur crucial de la position du Sénat.
Armstrong a justifié son optimisme par la programmation même de ce vote. Selon lui, le chef de la majorité au Sénat, John Thune, n’aurait pas planifié ce scrutin s’il ne pensait pas qu’il allait réussir.
Il a ajouté que les deux camps avaient obtenu environ 90 % de ce qu’ils souhaitaient dans le texte de loi.

Les calculs derrière l’optimisme du PDG de Coinbase
Les Républicains détenant 53 sièges au Sénat, le soutien d’au moins sept Démocrates est indispensable pour atteindre le seuil des 60 voix. C’est sur cette arithmétique que repose la prévision d’Armstrong, tandis que les traders de Kalshi se montrent beaucoup plus prudents dans leurs évaluations.
Les Démocrates se sont montrés réticents à soutenir le projet, réclamant des dispositions éthiques supplémentaires encadrant les investissements des politiciens dans les entités crypto, particulièrement après que Trump a déclaré des profits substantiels liés aux cryptomonnaies l’année dernière.
Les groupes bancaires ont également exprimé des inquiétudes, estimant que les dispositions sur les stablecoins ne protégeaient pas suffisamment le secteur bancaire. Le projet de loi n’autoriserait pas les stablecoins inactifs à générer des intérêts, bien que ces actifs puissent offrir des récompenses pour certaines activités, comme les transactions.
Le CLARITY Act établirait un cadre réglementaire plus large pour la crypto et trancherait les questions de compétence juridictionnelle.
Il accorderait à la CFTC une juridiction exclusive sur les marchés au comptant (spot) des matières premières numériques, alors que la CFTC et la SEC ont toutes deux revendiqué par le passé la surveillance de certains marchés crypto.
Les enjeux du vote du 15 septembre
Si la clôture est votée avec 60 voix ou plus, cela mettrait fin au débat et préparerait le terrain pour un vote formel ultérieur. Cela ne constituerait pas en soi l’adoption finale du CLARITY Act.
En cas d’échec de la clôture, le calendrier laisserait peu de temps avant que le Sénat ne s’interrompe à nouveau début octobre pour les élections de mi-mandat. Cela rendrait l’avenir du projet de loi beaucoup plus incertain, ce qui explique pourquoi le seuil des 60 voix reste au cœur du débat sur ses perspectives de réussite.
Les traders de Kalshi restent bien moins confiants qu’Armstrong, ne prévoyant qu’une probabilité de 22 % pour que le CLARITY Act obtienne plus de 60 voix au Sénat.
Cet écart rend le vote du 15 septembre particulièrement important, car la prévision du patron de Coinbase suppose qu’au moins sept Démocrates rompent avec la ligne de leur parti pour soutenir le projet de loi.
Si le vote atteint les 60 voix, cela enverrait un signal fort à l’industrie crypto, prouvant que la législation dispose de l’élan nécessaire pour parvenir à une adoption finale.